Internationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Circulations étudiantes : nouveaux enjeux, nouvelles problématiques et perspectives comparatives :
France / Japon / Maroc / pays de l’ASEAN
24 & 25 mars 2026
Organisatrice :
Yamina Bettahar, maître de conférences émérite en sociologie et histoire des sciences, Nancy-Université / INPL, membre titulaire du Laboratoire Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS) & MSH Lorraine.
Mots clés :
Globalisation, politiques stratégiques d’internationalisation des établissements d’enseignement supérieur, circulations étudiantes, langues d’enseignement, politiques d’accueil.
PRINCIPAUX PARTENAIRES IMPLIQUÉS :
Partenaire 1 Université de Lorraine
– Laboratoire Archives Henri Poincaré (Laboratoire de rattachement)
– Direction des Affaires internationales et européennes
Partenaire 2 Campus France
Partenaire 3 Université Côte d’Azur (URMIS, Nice)
Partenaire 4 Universités japonaises :
– Université du Tohoku (Sendai, partenaire stratégique de l’Université de Lorraine)
– Université d’Hiroshima (RIHE)
– Université de Ritsumeikan (College of Letters Human Studies Program, Kyoto)
– Université Hitotsubashi (MORI ARINORI, Tokyo)
– Université de Keio (Kobayashi Laboratory for Architecture and Community Design, Tokyo)
Partenaire 5 Académie diplomatique du Vietnam (Hanoi)
OBJECTIFS DU COLLOQUE :
Dans le prolongement et l’approfondissement de nos travaux antérieurs (Bettahar, Birck, 2009 ; Bettahar, 2020 ; Ballatore, Bettahar, Erlich, 2024), et des projets de recherche réalisés grâce aux soutiens financiers et logistiques du Laboratoire des Archives Henri Poincaré (UMR 7117 du CNRS), du pôle CLCS et de la Maison des Sciences de l’Homme Lorraine, ce colloque vise à revisiter la question de l’internationalisation des systèmes d’enseignement supérieur en lien avec celle des mobilités étudiantes & scientifiques internationales qui sont aujourd’hui au cœur des enjeux étatiques et de nouvelles problématiques. Dans un contexte de plus en plus mondialisé, la mobilité internationale in et out s’est considérablement développée et occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante au sein des systèmes d’enseignement supérieur dans le monde. Plus qu’une recommandation, elle est devenue une obligation prônée par les instances nationales, européennes et mondiales.
À la lumière des nouveaux indicateurs (Campus France, 2024), des dynamiques qui sont en œuvre depuis ces dernières années et des nouvelles tendances qui caractérisent les flux de mobilité étudiante et scientifique (Ballatore, Bettahar, Erlich, 2024), des travaux récents de chercheurs (Yonezawa, Shimmi, 2015 ; Matsuzuka, 2020 ; Stef, 2024), ce colloque réunira différents chercheurs chargés de questionner ces thématiques à travers des regards croisés France-Japon.
Du côté français, les responsables politiques chargés de ces questions de mobilité, tentent de promouvoir, depuis quelques années, une politique novatrice qui s’appuie sur de nouveaux dispositifs, chargés de favoriser une plus grande attractivité internationale (Campus France, Programme Bienvenue en France, programme accueillir des talents, la question des droits d’inscription, l’instauration de cours de masters en anglais).
Du côté japonais, des études sur la mobilité entrante au Japon montrent des flux toujours en hausse (Oba, 2013 ; Matsuzuka, 2020) tandis que la mobilité sortante est en baisse.
Un élargissement de la focale est porté vers le Vietnam, la Malaisie et le Maroc, dans le cadre d’une approche comparative et pluri-interdisciplinaire (histoire, socio-économie de l’éducation, sciences politiques, sociologie, sciences de l’éducation, architecture).
Parmi les questions qui seront débattues lors du colloque, il s’agira notamment d’aborder les axes suivants :
- Aspects épistémiques et paradigmatiques : de quoi parle-t-on ?
- Les contextes nationaux et leurs spécificités socio-historiques, économiques, politiques et culturelles.
- Les politiques nationales et les stratégies menées par chacun des deux pays pour favoriser les mobilités internationales
- Les enjeux récents liés à la création de nouveaux outils, instruments et procédures chargés d’améliorer et de rationaliser ces flux.
- Les conditions d’accueil et de séjour des étudiants
- les questions de langue d’enseignement qui sont proposées dans le cadre des mobilités d’études.
Ainsi, ce colloque nous offrira l’opportunité de réfléchir et d’interroger collectivement ces mouvements mobilitaires in et out et les confronter aux grands enjeux liés à la globalisation et aux crises, socio-économiques, politiques et géopolitiques qui traversent nos sociétés.
INSCRIPTION DANS LE PROJET SCIENTIFIQUE DE L’UNITÉ DE RECHERCHE (ARCHIVES HENRI POINCARÉ) ET DE LA POLITIQUE STRATÉGIQUE DE L’UNIVERSITÉ DE LORRAINE
L’organisation de ce colloque international s’inscrit dans la perspective du renouvellement des axes de recherche des Archives Henri Poincaré et du projet scientifique 2024-2028. Dans ce cadre général, il relève plus particulièrement de l’axe 1 dédié à la socio-histoire et à la contemporanéité des circulations des savoirs scientifiques et techniques et des personnes dans un contexte de globalisation et d’internationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, et de mobilité internationale accrue des étudiants, des chercheurs et des personnels gestionnaires, en prolongement et en approfondissement des projets de recherche antérieurs pilotés depuis plusieurs années par Yamina Bettahar sur ces thématiques, et qui ont donné lieu à des colloques internationaux et des publications grâce au soutien de l’Université de Lorraine (laboratoire des Archives Henri Poincaré, du pôle CLCS, MSH Lorraine), de la Grande Région, de la Métropole du Grand Nancy (2009, 2011, 2012, 2015, 2017, 2019).
Plus largement, ce colloque s’inscrit dans la politique stratégique de la ville de Nancy et de l’Université de Lorraine qui offre un tremplin intéressant pour l’étude des mobilités internationales formelles (Bettahar, 2020), qui opèrent entre le Japon. L’exemple de la Lorraine est intéressant dans la mesure où les relations interuniversitaires avec l’archipel nippon se traduisent par diverses formes de coopération comme le jumelage entre la ville de Nancy et celle de Kanazawa initié en 1973 et qui continue de permettre à des étudiants des deux villes de profiter des programmes d’échanges inter-universitaires. De même que l’on peut évoquer le partenariat stratégique qui lie l’Université de Lorraine et l’Université du Tohoku, sans compter les nombreux partenariats informels qu’entretiennent des chercheurs de différents laboratoires lorrains avec des universités japonaises telles que celles de Tokyo, de Kyoto, Hiroshima, Keio et d’autres.
Il convient d’ailleurs de signaler que la présence d’un représentant de l’Université du Tohoku (partenaire stratégique de l’Université de Lorraine) et de personnalités universitaires de l’Université d’Hiroshima, de Tokyo et de Kyoto permettront de renforcer les relations académiques avec les universités en Asie, en premier lieu au Japon. Ainsi, ce colloque mettra à profit la participation de collègues, qui, outre leurs compétences scientifiques dans ce domaine, exercent des responsabilités de premier plan en ce qui concerne les questions d’internationalisation et de mobilité internationale et de ce fait pourront être des acteurs interface pour établir des ponts entre leurs établissements et notre université.
Ce colloque permettra également à des intervenants vietnamiens, au-delà de leurs contributions scientifiques, de rencontrer des responsables afin d’examiner la possibilité d’établir des relations institutionnelles avec l’Université de Lorraine.
Finalement, ce colloque contribuera d’une part au renforcement de la visibilité scientifique et du rayonnement international de notre laboratoire de recherche grâce aux réseaux de collaborations sur ces questions avec le Japon, le Vietnam… et dont profitera également notre université d’excellence dans son ensemble.
INTERVENANTS & RÉSUMÉS
BETTAHAR Yamina
BETTAHAR Yamina
Laboratoire des Archives Henri Poincaré – Philosophie et Recherches sur les Sciences et les Technologies-UMR 7117 du CNRS, Université de Lorraine
Éléments biographiques :
Yamina Bettahar est Maître de Conférences émérite en sociologie et en histoire des sciences à l’Université de Lorraine. Membre titulaire du Laboratoire des Archives Henri Poincaré – Philosophie et Recherches sur les Sciences et les Technologies-UMR 7117 du CNRS, ses travaux portent sur les politiques d’internationalisation dans l’ESR en France et leur articulation avec le phénomène de mobilité, les parcours circulatoires internationaux et les stratégies des différents acteurs concernés (étudiants, chercheurs et personnels administratifs).
Elle est membre de comités scientifiques de différentes revues telles que Journal of International Mobility (JIM) publié par les Presses universitaires de France ou Le Ragioni di Erasmus, publié par l’Université Roma 3.
De même qu’elle est affiliée à différents réseaux scientifiques nationaux et internationaux (dont le RESUP, l’Association internationale des Sociologues de langue française (AISLF).
Ancienne responsable des Relations internationales (elle a géré les questions de mobilité étudiante dans le cadre de ses activités à l’international.
Dans le cadre de ses collaborations européennes et internationales, elle se rend régulièrement à Prague à Rome et au Japon pour y donner des conférences et participer à des séminaires de niveau doctoral.
Publications récentes :
Ballatore Magali, Bettahar Yamina, Erlich Valérie (coordinatrices), Les mobilités étudiantes à l’épreuve des politiques d’internationalisation et des nouvelles dynamiques circulatoires mondiales. Regards croisés Sud/Nord/Est/Ouest, Journal of international Mobility (JIM), N° 12, 2024, Presses universitaires de France.
Bettahar Yamina et Gohard-Radenkovic (coordinatrices), De Mobilités pré-professionnelles à l’étranger vers des mobilités professionnelles internationales ? Enjeux, parcours et stratégies des divers acteurs, Journal of international Mobility (JIM), N° 8, 2020, Presses universitaires de France.
Bettahar Yamina (dir.), Universités et grandes écoles. Circulations internationales étudiantes et scientifiques d’hier à aujourd’hui, Nancy, PUN-Éditions universitaires de Lorraine, 2020.
Bettahar Yamina et Guthleben Denis (coordonnateurs), Les circulations scientifiques depuis le début du XXe siècle : nouvelles perspectives d’étude, Philosophia Scientiae, Volume 23, N°3/2019.
Bettahar Yamina, Choffel-Mailfert Marie-Jeanne (dirs.), Les Universités au risque de l’Histoire. Principes, configurations, modèles, Nancy, PUN-Éditions universitaires de Lorraine, coll. Histoire des institutions scientifiques, 2014.
Bettahar Yamina & Birck Françoise (dirs.), Étudiants étrangers en France. L’émergence de nouveaux pôles d’attraction au début du XXe siècle, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 2009.
HOSOO Moeko
HOSOO Moeko
Maître de Conférences, Département des Lettres,
Université de Ritsumeikan, Kyoto (Japon)
L’approche par compétences au Japon : du secondaire au supérieur, entre internationalisation et mobilité étudiante
Cette communication analyse le développement de l’approche par compétences au Japon en se concentrant sur l’enseignement secondaire et supérieur, et plus précisément sur la transition entre le lycée et l’université, dans un contexte marqué par l’internationalisation croissante de l’enseignement supérieur et la mobilité étudiante.
Plutôt que d’établir un lien causal direct entre l’internationalisation et l’introduction de l’approche par compétences à l’ensemble du système éducatif, l’analyse se propose de mettre en évidence le rôle des organisations internationales, notamment l’OCDE, dans la circulation de cadres normatifs globaux et leur traduction différenciée dans les politiques éducatives japonaises.
L’enseignement primaire sera évoqué brièvement comme cadre de référence, tandis que l’accent sera mis sur les réformes curriculaires et évaluatives du secondaire, ainsi que sur les transformations de l’enseignement supérieur, où les enjeux de comparabilité des acquis d’apprentissage, de lisibilité des diplômes et de mobilité internationale des étudiants deviennent particulièrement saillants.
À travers le cas japonais, cette communication a pour objectif de montrer que l’approche par compétences se déploie de manière sélective et multidimensionnelle, en articulation étroite avec les dynamiques d’internationalisation et de mobilité, mais selon des logiques spécifiques à chaque niveau du système éducatif.
Publications récentes
細尾萌子『フランスでは学力をどう評価してきたか―教養とコンピテンシーのあいだ―』ミネルヴァ書房、2017年(Moeko HOSOO, Comment les acquis scolaires ont-ils été évalués en France ? — Entre culture générale et compétences —, Minerva, 2017).
Pierre Merle et Moeko Hosoo, « L’évaluation des écoliers et collégiens, une approche comparative France-Japon », Carrefours de l’Éducation, no. 44, décembre 2017, pp. 211-227.
Éléments biographiques
FICK Nathalie
Nathalie Fick
MATSUZUKA Yukari

MATSUZUKA Yukari
Professor in Economics of Education
Mori Arinori Institute for Higher Education and Global Mobility, Hitotsubashi University, Tokyo, Japan
Hitotsubashi University, Tokyo (Japan)
Mobility of U.S. Doctorate Recipients from Asia and Europe
This presentation shares findings from an analysis of the educational and employment pathways of Asian and European individuals who obtained doctoral degrees in the United States.
Recent publications :
Meng Shuoyang, Matsuzuka Yukari, Yonezawa Akiyoshi and Shen Wenqin « A comparative analysis of career trajectories for U.S.-trained and Japanese-trained Chinese PhDs in engineering, Asia Pacific Journal of Education 1-18 2024, DOI: 10.1080/02188791.2024.2424840
Matsuzuka Yukari, « Prospects for the East Asia higher education area : theory, policy, and statistica facts », in Yamina Bettahar & Marie-Jeanne Choffel-Mailfert dirs.), Les Universités au risque de l’histoire. Principes, configurations, modèles, Nancy, PUN-Éditions universitaires de Lorraine, 2014, pp. 227-242.
Biographical data :
Yukari Matsuzuka is a Professor in Economics of Education at Hitotsubashi University, Japan. She is also Senior Research Affiliate at the Institute on Education and the Economy in Columbia University, Her research interests include students and skills mobility, education financing, comparative analysis in higher education, and globalization of education.
MARICHALAR Olivier

MARICHALAR Olivier, Responsable de service Études, Presse et Communication institutionnelle, Campus France.
Dynamiques de la mobilité étudiante internationale : une compétition accrue pour l’accueil des jeunes talents.
La mobilité étudiante internationale, qui a crû de manière régulière et quasi continue depuis la fin des années 1990 (passant notamment de 2 millions en 1999 à plus de 7 millions en 2023), connaît ces dernières années des évolutions notables, tant du point de vue des flux des pays d’origine que de la recomposition de ceux-ci dans les pays d’accueil. À partir de l’analyse des dernières données disponibles sur la mobilité étudiante internationale dans le monde et en France (UOE 2023 et MESRE/SIES 2024-2025), nous décrivons les dynamiques à l’œuvre, entre premières baisses, inédites, du nombre d’étudiants accueillis dans de grands pays anglo-saxons dans un contexte mondial incertain, stabilité relative de l’accueil dans les pays européens, et diversification des destinations mondiales conduisant à une augmentation de la concurrence pour l’accueil des meilleurs étudiants.
Publications récentes :
Marichalar Olivier, Chiffres clés. La mobilité étudiante dans le monde, (avec Florentin Piron et Guillaume Tétard), Campus France, 2025, https://chiffrescles2025.campusfrance.org/
Marichalar Olivier, « Les métamorphoses de la mobilité chinoise dans le monde et en France », in Émilie Gandon et Simeng Wang (dirs.), Immigrations est et sud-est asiatiques depuis 1860, Musée national de l’histoire de l’immigration / Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais, 2023.
Marichalar Olivier, Piron Florentin et Tétard Guillaume, L’impact économique des étudiants internationaux en France, Campus France, 2022, https://www.campusfrance.org/fr/ressource/l-impact-economique-des-etudiants-internationaux-en-france
Marichalar Olivier, Piron Florentin et Tétard Guillaume, En chiffres : 10 ans de mobilité, Campus France, 2021.
Nguyen Thi Hanh

Délocalisation universitaire et co-construction des savoirs : le cas du Master Francophonie et Relations internationales de l’Université Jean Moulin Lyon 3 délocalisé à l’Académie diplomatique du Vietnam (2009-2019)
Nguyen Thi Hanh, Académie diplomatique du Vietnam, Ha Noi (Vietnam)
Nguyen Hoang Nhu Thanh, Académie diplomatique du Vietnam, Ha Noi (Vietnam)
Cette communication propose d’interroger les nouvelles dynamiques circulatoires à partir d’une étude de cas empirique : le Master « Francophonie et Relations internationales » de l’Université Jean Moulin Lyon 3, délocalisé à l’Académie diplomatique du Vietnam depuis 2009. En mobilisant le cadre théorique développé par Ballatore, Bettahar et Erlich (2024) sur les mobilités étudiantes à l’épreuve des politiques d’internationalisation, nous analysons comment cette expérience de délocalisation universitaire dépasse la simple reproduction du modèle Nord-Sud pour constituer un dispositif de co-construction des savoirs et de renforcement des capacités académiques locales.
Une expérience de circulation inversée et de transfert de compétences
Sur une décennie (2009-2019), ce programme a accueilli 118 étudiants de 9 nationalités (Vietnam, Laos, Cambodge, Chine, Mongolie, France, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Congo). Au-delà de la formation des étudiants, le dispositif s’est distingué par une exigence de répartition pédagogique inédite : 40% des enseignements assurés par des enseignants vietnamiens sous supervision qualité de Lyon 3. Cette modalité a transformé le programme en un véritable outil de renforcement des capacités académiques locales, permettant la formation continue d’un corps professoral vietnamien aux standards internationaux et aux méthodologies françaises d’enseignement supérieur.
Triple dynamique circulatoire
Cette expérience révèle trois mutations des circulations académiques : (1) une internationalisation qui échappe partiellement aux logiques néolibérales pures en privilégiant le transfert de compétences sur l’attractivité commerciale ; (2) une reconfiguration postcoloniale où la France ne se positionne plus seulement comme centre d’attraction mais comme partenaire dans la construction d’un pôle académique régional ; (3) l’émergence du Vietnam comme hub régional attirant des étudiants d’Asie du Sud-Est et d’Afrique francophone, illustrant les nouvelles dynamiques Sud-Sud.
Enjeux épistémologiques
Notre analyse s’appuie sur des données quantitatives et qualitatives pour interroger : comment la co-construction pédagogique contribue-t-elle à décentrer la production académique ? Dans quelle mesure le renforcement des capacités locales permet-il de dépasser les relations asymétriques héritées de la période coloniale ? Quelle place pour la francophonie dans un contexte de multipolarisation des savoirs où le Japon émerge également comme acteur académique régional majeur ?
Leçons et perspectives
L’analyse de cette décennie permet d’identifier des leçons essentielles pour repenser l’internationalisation de l’enseignement supérieur : la nécessité d’une co-construction pédagogique équilibrée, l’importance du renforcement des capacités locales pour assurer la pérennité, les défis de la multipolarisation francophone face à la concurrence anglophone et à l’émergence d’autres acteurs comme puissance académique régionale. Ces leçons conduisent à formuler des recommandations pour les futures coopérations universitaires France-Vietnam-Japon dans un contexte de décolonisation des savoirs et de transition écologique questionnant le paradigme circulatoire traditionnel.
Publications récentes :
Le Galloudec Sunny, Klein Jean-François, Nguyen Thi Hanh et al. (dirs.), Du Port au monde : une histoire globale des ports indochinois, Deux-Sèvres, Presses universitaires de Nouvelle -Aquitaine, 2026.
Espagne Michel, Nguyen Ba Cuong et Nguyen Thi Hanh (dirs.), Hanoi-Paris. Un nouvel espace des sciences humaines, Paris, Éditions Kimé, coll. « Société », 2020.
Éléments biographiques :
NGUYEN Thi Hanh, Professeur des Universités, Doyenne de l’École doctorale de l’Académie diplomatique du Vietnam (ADV), titulaire de la Chaire Senghor de la francophonie de Hanoi.
Docteure de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (2006), habilitée à diriger des recherches en 2013, Mme Nguyen Thi Hanh est enseignante-chercheuse en Relations internationales depuis septembre 2017. De 2022 à 2024, elle a été Vice-Doyenne de la Faculté de Politique internationale et Diplomatie, Directrice du Centre d’Études et de Coopérations francophones en Asie-Pacifique de l’ADV. De 2006 à 2017, elle a été enseignante à l’École normale supérieure de Hanoï (ENS de Hanoï) et Directrice adjointe du Centre d’études asiatiques (CEA).
Les recherches de Mme Nguyen Thi Hanh portent principalement sur les relations internationales contemporaines, notamment en Asie ; l’histoire coloniale et postcoloniale ; les transferts culturels.
Nguyen Hoang Nhu Thanh

Nguyen Hoang Nhu Thanh, docteur en Sciences politiques,
Doyen de la Faculté de Français, Académie diplomatique du Vietnam.
Délocalisation universitaire et co-construction des savoirs : le cas du Master Francophonie et Relations internationales de l’Université Jean Moulin Lyon 3 délocalisé à l’Académie diplomatique du Vietnam (2009-2019)
Nguyen Thi Hanh, Académie diplomatique du Vietnam, Ha Noi (Vietnam)
Nguyen Hoang Nhu Thanh, Académie diplomatique du Vietnam, Ha Noi (Vietnam)
Cette communication propose d’interroger les nouvelles dynamiques circulatoires à partir d’une étude de cas empirique : le Master « Francophonie et Relations internationales » de l’Université Jean Moulin Lyon 3, délocalisé à l’Académie diplomatique du Vietnam depuis 2009. En mobilisant le cadre théorique développé par Ballatore, Bettahar et Erlich (2024) sur les mobilités étudiantes à l’épreuve des politiques d’internationalisation, nous analysons comment cette expérience de délocalisation universitaire dépasse la simple reproduction du modèle Nord-Sud pour constituer un dispositif de co-construction des savoirs et de renforcement des capacités académiques locales.
Une expérience de circulation inversée et de transfert de compétences
Sur une décennie (2009-2019), ce programme a accueilli 118 étudiants de 9 nationalités (Vietnam, Laos, Cambodge, Chine, Mongolie, France, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Congo). Au-delà de la formation des étudiants, le dispositif s’est distingué par une exigence de répartition pédagogique inédite : 40% des enseignements assurés par des enseignants vietnamiens sous supervision qualité de Lyon 3. Cette modalité a transformé le programme en un véritable outil de renforcement des capacités académiques locales, permettant la formation continue d’un corps professoral vietnamien aux standards internationaux et aux méthodologies françaises d’enseignement supérieur.
Triple dynamique circulatoire
Cette expérience révèle trois mutations des circulations académiques : (1) une internationalisation qui échappe partiellement aux logiques néolibérales pures en privilégiant le transfert de compétences sur l’attractivité commerciale ; (2) une reconfiguration postcoloniale où la France ne se positionne plus seulement comme centre d’attraction mais comme partenaire dans la construction d’un pôle académique régional ; (3) l’émergence du Vietnam comme hub régional attirant des étudiants d’Asie du Sud-Est et d’Afrique francophone, illustrant les nouvelles dynamiques Sud-Sud.
Enjeux épistémologiques
Notre analyse s’appuie sur des données quantitatives et qualitatives pour interroger : comment la co-construction pédagogique contribue-t-elle à décentrer la production académique ? Dans quelle mesure le renforcement des capacités locales permet-il de dépasser les relations asymétriques héritées de la période coloniale ? Quelle place pour la francophonie dans un contexte de multipolarisation des savoirs où le Japon émerge également comme acteur académique régional majeur ?
Leçons et perspectives
L’analyse de cette décennie permet d’identifier des leçons essentielles pour repenser l’internationalisation de l’enseignement supérieur : la nécessité d’une co-construction pédagogique équilibrée, l’importance du renforcement des capacités locales pour assurer la pérennité, les défis de la multipolarisation francophone face à la concurrence anglophone et à l’émergence d’autres acteurs comme puissance académique régionale. Ces leçons conduisent à formuler des recommandations pour les futures coopérations universitaires France-Vietnam-Japon dans un contexte de décolonisation des savoirs et de transition écologique questionnant le paradigme circulatoire traditionnel.
Éléments biographiques :
- Nguyen Hoang Nhu Thanh a soutenu sa thèse de doctorat en 2018 à l’Université Jean Moulin Lyon 3 (France), en Science politique – Relations internationales, intitulée « Repenser le pouvoir dans les théories des Relations internationales : du pouvoir productif de la Francophonie à la socialisation du Vietnam au Conseil de sécurité des Nations Unies », sous la direction du Pr. Frédéric Ramel (SciencesPo Paris). Il est actuellement Doyen de la Faculté de langue française et enseignant-chercheur à la Faculté de Politique internationale et de Diplomatie de l’Académie diplomatique du Vietnam où il donne des cours en Théorie des relations internationales, Méthodologie de la recherche scientifique et Gouvernance mondiale.
Ses axes de recherche portent sur les Relations internationales globales (Global IR), les théories non occidentales et la construction d’un cadre sociologique des systèmes internationaux. Ses travaux mobilisent une approche sociologique des systèmes internationaux pour analyser les relations interétatiques en Asie de l’Est à l’époque précoloniale, notamment les interactions entre Đại Việt, la Chine, la Corée, le royaume des Ryūkyū et le Japon, ainsi que les dynamiques entre le système tributaire d’Asie orientale et le système westphalien.
OBA Jun

OBA Jun, Maître de conférences, Institut de Recherche pour l’Enseignement supérieur (RIHE), Université d’Hiroshima (Japon)
« De l’accueil à l’emploi : trajectoires d’intégration des étudiants étrangers au Japon »
Comme de nombreux autres pays dans le monde, le Japon fait face aux défis de l’attraction des talents dans un contexte de forte concurrence sur la mobilité internationale des étudiants. Depuis les années 1980, il a promu l’accueil des étudiants en mobilité, tout en n’ouvrant que très marginalement son marché du travail aux étrangers. Toutefois, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la politique en la matière a progressivement évolué vers une meilleure intégration de ces derniers sur le marché du travail intérieur, ce qui a considérablement influencé la mobilité entrante dans le pays. Cette communication propose une synthèse et une analyse de la politique d’accueil des étudiants étrangers et de leur intégration sur le marché du travail au Japon.
Publications récentes :
Oba Jun, « Politiques nationales et stratégies des universités en faveur de la mobilité étudiante au Japon », Campus France, n°19, novembre 2013.
Oba Jun, « L’émergence et le développement de l’université japonaise entre héritages et adaptation de modèles occidentaux », in Yamina Bettahar & Marie-Jeanne Choffel-Mailfert dirs.), Les Universités au risque de l’histoire. Principes, configurations, modèles, Nancy, PUN-Éditions universitaires de Lorraine, 2014, pp. 385-407.
RIFKI Hafsa

RIFKI Hafsa
Docteure de l’Université de Keio University, Tokyo, Japan
Kobayashi Laboratory for Architecture and Community Design
Et doctorante en cours à l’Université Hassan II de Casablanca, Maroc
Laboratoire de recherche sur les différenciations socio-anthropologiques et les identités sociales (LADSIS)
Chez soi ailleurs, ailleurs chez soi : trajectoires des Marocain·e·s au Japon
Cette communication se concentre sur les diplômés marocain·e·s au Japon après la période estudiantine. Elle analyse les trajectoires post-études, les raisons du choix du Japon, ainsi que les logiques d’installation durable, de retour ou de mobilité vers d’autres espaces. À partir d’une enquête qualitative longitudinale, l’étude interroge la manière dont ces parcours s’articulent avec les notions de mobilité, de minorités, de sentiment d’appartenance et de fabrication du « chez-soi », en accordant une attention particulière aux expériences des musulman·e·s au Japon. Cette approche permet de mettre en lumière les recompositions identitaires et spatiales à l’œuvre dans un contexte migratoire non occidental encore peu documenté.
Publications récentes :
Cheddadi Mohammed Aqil and Rifki Hafsa, « Moroccan Sociocultural Practices of Space:
Coping with Marginalization in Bidonvilles and Social Housing », International Journal of Islamic Architecture, Volume 13, Issue 1, Jan 2024, pp. 75 – 105
DOI: https://doi.org/10.1386/ijia_00130_1
Éléments biographiques
Hafsa Rifki est docteure en architecte et chercheure, avec un intérêt marqué pour les questions de mobilité, d’identité et de construction du chez-soi. Elle est chercheure associée à l’Université Keio de Tokyo, au sein du Kobayashi Laboratory for Architecture and Community Design, et doctorante en sociologie à l’Université Hassan II de Casablanca. Ses recherches portent sur les pratiques d’appropriation de l’espace et de fabrication du chez-soi en contexte migratoire, en particulier chez les étudiant·e·s internationaux·ales et les migrant·e·s marocain·e·s au Japon, en lien avec les dynamiques de mobilité et de sentiment d’appartenance.
STEF Jimmy

Docteur en sociologie de l’Université Côte d’Azur et chercheur associé à l’URMIS (UMR 8245 CNRS-IRD, Nice) et à l’IRASEC (UMIFRE 22, Thaïlande).
Construire un hub universitaire régional : stratégies étatiques, hiérarchies académiques et recompositions des flux étudiants en Malaisie
Cette communication proposera d’analyser la trajectoire malaisienne comme étude de cas d’une internationalisation fortement pilotée par l’État, articulée à des objectifs de développement économique, de montée en gamme académique et de positionnement géopolitique régional.
Publications récentes :
Chabre Théotime et Stef Jimmy, « Mettre à profit l’accessibilité : le développement marchand de pôles du savoir en Malaisie et à Chypre-Nord », Espaces et sociétés, 2025/3, n°196, pp. 139-160.
Stef Jimmy, « La Malaisie, nouveau hub régional d’enseignement supérieur en Asie », Journal of international Mobility (JIM), 2024 /1, n°12, pp. 133-153.
Erlich Valérie et Stef Jimmy, « L’internationalisation de l’enseignement supérieur à Singapour : un modèle élitiste à la croisée des « mondes ? », Lien social et politiques, 2022, n° 89, pp. 107–129.
Éléments biographiques
Jimmy STEF est sociologue, docteur de l’Université Côte d’Azur et chercheur associé à l’URMIS (UMR 8245 CNRS-IRD, Nice) et à l’IRASEC (UMIFRE 22, Thaïlande). Ses recherches portent sur l’analyse des politiques d’enseignement supérieur, des dynamiques d’internationalisation universitaire et des circulations étudiantes en Asie du Sud-Est. Ses travaux portent notamment sur la Malaisie et Singapour, en croisant sociologie de l’action publique, sociologie des élites et analyse des mobilités internationales étudiantes.
Yonezawa Akiyoshi

Yonezawa Akiyoshi,
Professor, in Sociology of Education, Tohoku University, Sendai, Japan.
Changing dynamics of internationalisation at research universities in Japan
Recent publications :
Yonezawa Akiyoshi, Sasaki Keiko, Kawano Ginko et al., « Internationalisation in Japanese higher education through the lens of women’s leadership », Comparative Education, 1-19, 2025, https://doi.org/10.1080/03050068.2025.2574755
Meng Shuoyang, Matsuzuka Yukari, Yonezawa Akiyoshi and Shen Wenqin « A comparative analysis of career trajectories for U.S.-trained and Japanese-trained Chinese PhDs in engineering, Asia Pacific Journal of Education 1-18 2024, DOI: 10.1080/02188791.2024.2424840
Biographical data:
Dr. Akiyoshi Yonezawa is Professor of the Global Strategy Office and Special Advisor to the President of Tohoku University, Japan. He is also a Visiting Professor at the Graduate School of Education, University of Tokyo (2024-2026). With a background in sociology, his research focuses on comparative higher education policy, with a particular emphasis on world-class universities, internationalization, and public-private relations. He has developed his expertise through positions at Hiroshima University, NIAD-UE, Nagoya University, the OECD, and the University of Tokyo. At Tohoku University, he has served in various expert roles, including Director of the Office of Institutional Research. He also contributes to national and international policy as a member of the OECD Group of National Experts on Higher Education. He serves on the editorial and advisory boards of several journals, including Higher Education Quarterly and Higher Education. His co-edited book, Researching Higher Education in Asia (Springer, 2018), received the « Best Book Award 2019 » from the Comparative and International Education Society. His full profile is available on Researchmap (https://researchmap.jp/7000017750?lang=en).
Akiyoshi Yonezawa is a professor in the Global Strategy Office and Special Advisor to the President
at Tohoku University, Japan. He is also a visiting professor at the University of Tokyo’s Graduate
School of Education from 2024 to 2026. He has an academic background in sociology and is an expert in higher education policy and management. He has published numerous articles and
books on higher education, with a focus on comparative policy, world-class universities, internationalisation, and public-private relations.



